Chant mozarabe et samaa marocain

La parole chantée dans le Christianisme et l’Islam

Chant mozarabe, Samaa marocain

L’objectif de ce programme est de mettre en relation deux répertoires religieux qui ont coexisté pendant le Moyen Age dans la Péninsule Ibérique : le Samaa et le chant mozarabe.

Ce programme est conçu comme une veillée de prière, où des hommes, que tout doit unir, car ils adorent le même Dieu, se rencontrent partagent et vivent dans l’acte du chant la même expérience. Même si la langue et les médiateurs sont différents, au travers de la musique renaît l’écho de l’unité culturelle originelle qui fut le ferment des civilisations chrétiennes et musulmanes de l’Ouest de la Méditerranée.

Le Samaa (mot qui signifie en arabe l’écoute pieuse) est un répertoire encore en usage dans plusieurs pays musulmans, mais c’est au Maroc que le chant originel a été le mieux conservé.

Ce répertoire s’est progressivement constitué au cours des XIVe et XVe siècles au sein de confréries mystiques qui se rassemblaient pour chanter des textes poétiques qui exaltent les sentiments et nourrissent la réflexion religieuse. L’Andalousie semble avoir été le lieu où ce répertoire immense a puisé l’essentiel de ses textes et surtout de sa musique.

Le chant mozarabe est l’ancien chant des chrétiens d’Espagne pendant l’administration musulmane.

Il existait plusieurs répertoires mozarabes. La liturgie mozarabe s’est stabilisée aux cours des VIe et VIIe siècle mais ses origines étaient bien plus anciennes. Elles étaient l’expression d’une culture religieuse développée en Afrique du Nord dès le deuxième siècle et dont les sphères d’influence s’étendaient jusqu’au sud de la Gaule avec l’évêché d’Arles comme représentant d’une certaine autorité théologique. Le chant mozarabe ne fut écrit qu’au XIe siècle avec une notation dont on a perdu les clés d’interprétation. Cependant il existe à la cathédrale de Tolède trois manuscrits notés à la fin du XVe siècle dans une notation que l’on sait lire. Ces manuscrits, qui reflètent l’état de la tradition orale telle qu’elle était conservée dans cette ville, n’ont jamais été vraiment étudiés, seul un enregistrement réalisé par l’Ensemble Organum en 1994 en donne une idée.

Marcel Pérès

Photo : Ensemble Organum @ B.alyBéril
Chant : Marcel Pérès, Fadil Bouchaib, Jean-Christophe Candau, Jean-Etienne Langianni, Ahmed Saher, Frédéric Tavernier-Vellas, Luc Terrieux

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