Concert Orgue roman – Marcel Pérès

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Concert Orgue roman – Marcel Pérès

23 juillet @ 06:00 - 07:00

Venez découvrir ou réentendre l’Orgue roman dès l’aube dans l’Abbatiale de Moissac.

Un moment suspendu aux rayons du soleil….

Samedi 23 juillet : 6h – Abbatiale de Moissac – Entrée libre

L’ORGUE DE L’AN MIL

C’est ce type d’instrument qui fut introduit dans les liturgies d’Europe occidentale autour de l’an mil. Aucun orgue de cette époque ne nous est parvenu mais en conjuguant les données fournies par l’iconographie avec les descriptions transmises par les textes, il est possible de redonner voix à ce type d’instrument. Cet orgue a été construit d’après un traité, aujourd’hui conservé à Berne, provenant de l’abbaye de Saint Benoît-sur-Loire. Il s’agit du premier traité médiéval consacré à la fabrication des orgues. Il est attribué à un certain Constantinus, disciple de l’un des plus grands savants du Xe siècle, Gerbert d’Aurillac qui, en 999, devint pape sous le nom de Sylvestre II. Gerbert d’Aurillac fut un homme très influent aussi bien dans le domaine de la politique que dans celui des sciences. Il introduisit en Occident un grand nombre de connaissances alors oubliées, en mathématiques, astronomie, géométrie et musique. Plusieurs orgues furent construites par lui, et il forma également des disciples un peu partout en Europe. C’est certainement sous son influence que l’orgue fut introduit dans la liturgie.

Ce traité de Constantinus décrit un instrument de deux octaves, à deux rangs, avec des tuyaux en cuivre formés de deux parties soudées l’une à l’autre. La première, le corps du tuyau, est cylindrique avec un diamètre égal à celui d’un œuf de pigeon, l’autre, le pied du tuyau, est de forme conique avec l’ouverture inférieure de la taille d’un œuf d’alouette. Deux types de claviers sont proposés. L’un est constitué par des touches actionnées par les doigts, tendues par un ressort en corne ; l’autre est constitué de tirettes qu’il faut tirer pour faire parler les tuyaux et repousser pour arrêter le son ; c’est ce type de clavier, en usage jusqu’à la fin du XIIIe siècle, que nous avons reconstitué. L’échelle est diatonique avec comme seule altération le sib.

Cet orgue fut construit en 1982 par Yves Cabourdin de la manufacture provençale d’orgues. Il accompagna le premier concert de l’ensemble Organum à Sénanque en 1982.

Depuis 2002 Marcel Pérès l’a déposé à l’Abbaye de Moissac.

 

Quelques repères historiques :

D’Alexandrie à Rome :

L’orgue fut inventé au cours du troisième siècle avant Jésus Christ. Ctésibios, ingénieur et architecte grec d’Alexandrie mit au point une sorte de grande flûte de pan disposée sur un système de soufflerie hydraulique que l’on appela organa  hydraulica, l’instrument à eau, hydraule en français. Dès le deuxième siècle le sanctuaire d’Apollon à Delphes fut le cadre de concours d’orgue très estimés dans le monde musical de l’Antiquité. Deux types d’instruments existaient à cette époque : l’un, composé essentiellement de jeux d’anches, joué en plein-air et destiné aux jeux du cirque ou à l’hippodrome ; l’autre, composé de jeux flûtés, joué à l’intérieur des maisons patriciennes.

De Rome à Byzance, de Byzance à la Francie :

A la suite de la dislocation de l’Empire romain, l’orgue disparut progressivement de l’Empire occidental, mais resta en usage dans l’Empire romain d’Orient, à Constantinople, où il devint un attribut rituel de la fonction impériale. Dès le VIe siècle, des cérémoniaux de la cour byzantine font mention de son usage pour ponctuer les arrivées, les départs ou les prises de parole de l’empereur. C’est par un don de l’empereur Constantin Copronyme à Pépin le Bref que l’on redécouvre l’instrument en Occident, au milieu du VIIIe siècle. Ce don, signifiant la profonde déférence de l’empereur byzantin au roi des Francs est sans doute à l’origine d’une renaissance de la facture d’orgue dans l’empire carolingien. Toutefois, les instruments n’entretenaient alors aucune relation avec l’exercice du culte religieux.

L’entrée de l’orgue à l’église :

C’est autour de l’an mil que l’orgue entra dans les grandes abbayes puis dans les cathédrales. S’opère alors un glissement de la fonction impériale de l’instrument vers la fonction sacerdotale. Tout comme chez les byzantin il manifestait la majesté de la présence impériale, il devint dans la liturgie le signe solennel de la présence du Christ lors de grandes festivités, car l’orgue ne jouait qu’une vingtaine de fois par an, lors des grandes solennités. L’orgue fascinait par ses sonorités, mais aussi par la puissante symbolique dont il était le signe. On voyait, dans le jeu des proportions numériques de son architecture sonore, la manifestation sensible des harmonies qui régissent les mondes invisibles.

Détails

Date :
23 juillet
Heure :
06:00 - 07:00
Catégories d’Évènement:
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Lieu

Moissac, Abbatiale
Place Durand-de-Bredon
Moissac, 82200 France
Téléphone :
+33 (0)5 63 95 02 91
Site Web :
http://www.tourisme-moissac.fr/

Organisateur

CIRMA
Téléphone :
+33 (0)5 63 95 02 91

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Intervenants
Marcel Pérès
A l'affiche
Marcel Pérès