Contactez-nous au +33 5 63 95 02 91

L’art de la lecture chantée dans le Christianisme et l’Islam

Description

L’art de la cantillation, source de la transmission de la foi

  • Période: consignés par écrit depuis le IXe siècle.
  • Fonction historique : lecture des textes sacrée pour rythmer les offices chez les chrétiens, pour constituer la conscience religieuse chez les musulmans
  • Nombre de chanteurs : 2 à 10

 

 

Ecoutez un extrait

Update Required To play the media you will need to either update your browser to a recent version or update your Flash plugin.

Pour aller plus loin

La lecture chantée des textes sacrés est une caractéristique commune à la pratique de toutes les religions.

Les répertoires musicaux qui au fil des siècles ont construit le patrimoine spirituel de l’humanité sont, soit des amplifications des différentes techniques de lecture, soit des éléments destinés à ponctuer l’espace entre deux lectures. L’étude des différentes formes de cantillation permet de rendre tangible l’unité organique fondamentale de l’art de la cantillation à l’origine des trois religions monothéistes : le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam.

Depuis 31 ans, l’ensemble Organum se consacre à explorer l’archéologie du chant sacré.

Son travail porte essentiellement sur les répertoires en langue latine du bassin méditerranéen et de l’Europe occidentale. Ce travail de réappropriation de répertoires, pour la plupart disparus de l’usage mais consignés par écrit depuis le IXe siècle, révèle les processus qui au long des siècles ont fini par créer une identité propre à chaque culte, mais toujours à partir de comportements qui plongent leurs racines dans un patrimoine spirituel commun dont l’expression privilégiée se manifeste dans la cantillation des textes sacrés.

Les premiers chrétiens, fidèles à l’enseignement de Jésus qui affirmait n’être venu rien détruire mais tout accomplir, continuèrent à pratiquer dans leurs premières réunions, à côté des récits sur la vie de Jésus, la cantillation hébraïque des textes fondateurs : la Genèse, le Pentateuque et surtout les psaumes qui rapidement devinrent le substrat des offices qui rythmaient le temps, c’est à dire la course du soleil dans le ciel. Entre le judaïsme et le christianisme il y eut donc une transmission directe.

La fonction fondamentale de la lecture des textes sacrés dans la constitution de la conscience religieuse sera intégrée par l’Islam naissant au début du VIIe siècle. La prédication proclamée par Muhammad prit la forme d’une souveraine cantillation d’un livre qui était à écrire. Muhammad a fréquenté les communautés juives et chrétiennes qui alors peuplaient la péninsule arabique, c’est à leur contact qu’il a appris leurs textes sacrés en les entendant cantiller.

Ainsi la cantillation du Coran, bien qu’adaptée à une langue qui a ses propres règles d’énonciation et à une fonction religieuse différente de la spatialisation des liturgies chrétiennes, s’inscrivit dans le courant de la même tradition de proclamation d’un texte sacré qui prit source dans le judaïsme et irrigua également le monde chrétien. Les différents rameaux se sont éloignés au cours des temps, mais grâce au travail d’archéologie musicale que nous avons effectué sur les anciennes liturgies latines nous pouvons, par une confrontation directe avec les traditions de l’Islam, du Judaïsme et des Églises orientales entendre l’écho émouvant de cette unité fondamentale.